28 septembre 2008

Le nez.

Propre, net, brillant, ordonné ... Autant de termes qui reflètent la dictature de la propreté qui nous étouffe sous la masse de détergents. Dans notre société, il faut que tout soit propre quitte à passer par le corrosif à s'en arracher les doigts. Inviter des gens chez soi alors que l'antre est aussi bien rangé et nettoyé que le tube digestif de l'hôte cuité d'avance est impensable. Mais invitez-vous pour faire une exposition à la gloire des produits de nettoyage ou bien pour passer un bon moment ?

On va me dire que pour passer un bon moment, on peut toujours s'accommoder d'un peu de poussière qui revient de toute façon, voire une revue pour célibataire endurci mal rangée qui se plait à aussi revenir régulièrement, mais à partir d'une certaine quantité de vaisselle empilée il y a comme une odeur caractéristique du geek, tout aussi endurci qu'il est célibataire, qui s'élève. Et des gens aux narines toujours sensibles, on n'en compte plus : la fumée de cigarette les irrite, la campagne leur donne des nausées, la ville leur file la migraine, ...

Il paraît que ce n'est plus civilisé de faire aimablement remarquer que se boucher le nez est une solution, et que de retenir sa respiration en est une autre, à long terme. Il fût un temps où on ne s'incommodait pas pour si peu, il suffisait d'ouvrir la fenêtre pour prendre sa bouffée journalière d'air presque frais. L'espèce humaine est toujours là, Versailles aussi, et est-ce que je me plains quand une victime de la mode odorante s'est aspergée de son parfum préféré comme elle se serait étalée sa dernière crème nourrissante.

Le pire de tout étant qu'elle croit dégager une effluve attirante. Je vous laisse imaginer le désastre du mélange de cette odeur avec la sueur ruisselante de son corps qui a dû fournir un effort pour ne pas rater le transport en commun qui allait partir sans elle si elle avait pris ne serait-ce que quelques secondes de plus pour se cocoter. Le potentiel des armes biologiques devraient être mieux établi.

Alors parfois, votre fidèle serviteur a du mal à garder son sang froid et a envie de lancer un « mais crève si t'as le nez bouché ! » à la fille qui doit avoir le reste de ses sens aussi avariés que celui de l'odorat, promettant un avenir haut en couleur au niveau culturel, et on se limitera certainement aux couleurs. Qu'on ose me reprocher l'odeur de ma tanière, je lancerais à la foule une image du futur soumis à l'hygiène bien pensante qui ne pense justement pas grand chose d'autre.

Certes, je ne suis pas une personne butée et je suis prêt à faire un pas pour contribuer à sauver l'humanité de sa propre déchéance. Mais je compte sur l'humanité pour aussi faire un pas : qu'une femme vienne laver ma vaisselle et qu'elle en profite pour éliminer la poussières et ne pas faire de réflexion sur mes revues de célibataire endurci. Je ne vais pas en faire une tirade pour une histoire d'odeur.

1 Commentaire

la Marmotte a dit…

Moi j'veux bien que notre tannière qui pue, on s'en fiche des autres, mais en ce qui concerne les gens qui prennent leurs transports en commun en oubliant de prendre un douche avant et qui viennent étouffer notre odorat surpuissant avec des effluves pas forcément charmantes... ben je préfère le parfum.

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